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Avec des airs peu connus des castrats, la diva italienne Cecilia Bartoli a transporté d'enthousiasme le Festspielhaus de Baden-Baden qui lui a réservé une "standing ovation" dimanche soir, au tout début de sa tournée européenne de Bruxelles à Londres en passant par Paris. "Fantastique", "époustouflant de virtuosité", "une interprétation musicalement splendide": la star romaine au tempérament volcanique a été couverte d'éloges à l'issue de son récital intitulé "Sacrificium", titre de son dernier disque (Decca/Universal) consacré à l'école des castrats. Accompagnée de l'ensemble baroque d'instruments anciens Il Giardino très en verve, la Bartoli a chanté 12 airs de Nicolo Porpora, Antonio Caldara, Alessandro Scarlatti, Leonardo Vinci ou Haendel et remporté un triomphe avec son dernier bis, d'une virtuosité endiablée, de Porpora. "Sacrificium", c'est l'hommage d'une grande cantatrice mezzo-soprane aux milliers de jeunes garçons mutilés pendant plus de deux siècles en Italie afin que résonnent des voix d'alto et de soprano dans les églises où la présence de chanteuses féminines était bannie par le Vatican. C'est comme si la chanteuse, dont la féminité est explosive sur scène dans un rôle pourtant ambigu, exorcisait une fois pour toutes l'exclamation enthousiaste et cruelle "Evviva il cotinello!" ("Vive le petit couteau!"), qui retentit des milliers de fois pour saluer l'art des castrats les plus célèbres à l'époque baroque, comme Farinelli. "Sacrificium" sera donné en récital le 10 novembre à Amsterdam, les 15 et 17 novembre à Bruxelles, les 20 et 22 novembre à Paris, le 24 novembre à Londres, ainsi qu'à Zurich, Barcelone et Madrid en décembre notamment. |
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