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Une nouvelle oeuvre d'Henri Dutilleux à 93 ans

 
 
PARIS (AFP) 
Dutilleux dédie au maestro
Ozawa et à la diva Fleming
une oeuvre enivrante


Le maestro japonais Seiji Ozawa, la soprano
américaine Renée Fleming et l'Orchestre national
de France ont mis mercredi soir à Paris une touche
finale enivrante à l'oeuvre "Le temps l'horloge"
d'Henri Dutilleux, première mondiale émouvante
pour un compositeur de 93 ans.

L'événement avait revêtu l'aspect mondain
d'une soirée de bienfaisance au Théâtre des
Champs-Elysées: le 15e gala "Musique contre
l'oubli", au bénéfice d'Amnesty International
et sous la présidence de l'actrice Carole Bouquet.

Une sorte d'avant-première avant le concert
d'abonnement donné au même endroit, et
avec un programme identique, jeudi soir,
devant les micros de France Musique,
qui aura rendu hommage à Ozawa sur
son antenne tout au long de la journée (dès 7h00).

"Le temps l'horloge" a été étrenné en
septembre 2007 à Matsumoto (centre du Japon),
dans le cadre du festival de Saito Kinen.

Mais cette création ne fut que partielle: connu
pour sa lenteur -- gage d'une oeuvre rare,
dans tous les sens du terme -- et ses retards,
Henri Dutilleux n'a livré, in extremis, que trois
des quatre mélodies (pour soprano et orchestre)
prévues.

Le public parisien aura donc eu la primeur du
quatrième "chant", précédé d'un interlude orchestral,
et donc de l'ensemble du cycle, qui dure un
quart d'heure environ.

Après "Le temps l'horloge" (titre commun à
l'oeuvre complète et à la première mélodie) et
"Le masque", deux chants sur des textes de
Jean Tardieu, puis "Le dernier poème"
(Robert Desnos), la partition se referme sur
"Enivrez-vous" de Charles Baudelaire.

C'est assurément le sommet de la partition:
la voix, à l'aigu très sollicité, y est pris dans
une tension ascensionnelle captivante.
C'est là que Renée Fleming expose son
meilleur français, montrant un bel engagement
et une liberté presque canaille dans le finale,
loin de sa sophistication habituelle
("Enivrez-vous sans cesse! De vin,
de poésie ou de vertu, à votre guise").

Baudelaire, décidément, réussit au compositeur,
qui avait emprunté à un vers du poète le titre de
son chef-d'oeuvre (le concerto pour violoncelle
"Tout un monde lointain...", 1970).

Définitivement considéré comme un
"contemporain classique", affichant une
esthétique recherchée et accessible à la fois,
Dutilleux se révèle tout au long du cycle
comme un fin coloriste, puisant jusqu'aux
sonorités étrangement typées du clavecin
et de l'accordéon.

Il est à ce titre l'héritier d'une grande tradition
française et voisine donc sans faute de goût
avec le raffinement de "Ma Mère l'Oye" de
Ravel et l'expressivité romantique de
"Roméo et Juliette" (extraits symphoniques)
de Berlioz. Des oeuvres qu'Ozawa, ami de la
muse hexagonale, maîtrise sans baguette ni
partition mais sur le bout des doigts, étreignant
l'orchestre comme on jouerait d'un instrument.

Biographie d'Henri DUTILLEUX :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Dutilleux
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