Par Jean-Michel
PARIS, 7 mai 2010 (AFP)
C'est une aventure discographique un peu folle par temps de crise, qui jette une lumière neuve sur un compositeur populaire et pourtant méconnu: l'enregistrement des 450 oeuvres issues de la bibliothèque personnelle d'Antonio Vivaldi (1678-1741), conservée à Turin (Italie).
Le projet a été lancé par le petit label Opus 111, racheté en 2000 par la maison de disques indépendante Naïve, qui compte achever en 2015 cette "Edition Vivaldi" riche d'une centaine de parutions.
Si tout va bien, l'éditeur français aura ainsi enregistré la vaste collection de manuscrits de Vivaldi conservée à la Bibliothèque nationale universitaire de Turin, soit quelque 450 oeuvres, dont la majorité n'ont pas été entendues depuis le XVIIIe siècle.
Ces pièces émanent de la bibliothèque que le compositeur vénitien avait chez lui au moment de sa mort, à Vienne. La collection a ensuite voyagé de Venise à Gênes et jusqu'au Piémont.
La Bibliothèque de Turin a finalement acquis la vingtaine de volumes vers 1930. Mais il a fallu attendre les années 1980 pour que des musicologues approfondissent l'étude de ce fonds musical.
Pourquoi tant d'attente ? "Il y a eu la guerre. Et Stravinsky, qui a dit bien légèrement que "Vivaldi n'a pas écrit 500 concertos, mais le même concerto 500 fois"....
Le musicologue Alberto Basso a catalogué tout ça. Mais une question le taraudait: qu'est-ce qu'on pourrait faire pour porter cette musique à la lumière ? Alors il a eu l'idée géniale de l'enregistrer.
La collection turinoise est le plus important fonds Vivaldi au monde, devant ceux de Manchester (Grande-Bretagne) ou Dresde (Allemagne), et regroupe "80 à 90%" de la musique du "prêtre roux". Loin de cantonner le compositeur des "Quatre saisons" à son immense production instrumentale, elle dévoile tout un continent inconnu, notamment vocal, à travers quinze opéras complets et de nombreuses pièces de musique sacrée.
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