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Les adieux du Quatuor Ysaÿe

PARIS, 15 jan 2014 (AFP)

Après trente années d'une carrière acclamée sur toutes les scènes du monde, le plus célèbre des quatuors français, le Quatuor Ysaÿe, donnera son dernier concert au terme d'une existence qui se confond avec le renouveau de la musique de chambre en France.
      Pour leurs adieux, le 24 janvier, dans le cadre de la Biennale de quatuors à cordes à la Cité de la musique à Paris, Guillaume Sutre, Luc-Marie Aguera, Miguel da Silva et Yovan Markovitch ont choisi d'interpréter les oeuvres mythiques du répertoire - Debussy, Beethoven n°16 -, auxquelles s'ajouteront deux quintettes, celui de Mozart pour deux altos et de Fauré pour piano et cordes, ainsi que le sextuor de Schönberg "La Nuit transfigurée".
      Formé en 1984 par des étudiants du Conservatoire de Paris, le Quatuor Ysaÿe - en hommage au violoniste et compositeur Eugène Ysaÿe (1858-1931) - décolle très vite, en remportant un Premier prix au concours international d'Evian en 1988, une distinction dont il est le premier lauréat français.
      Vienne, Amsterdam, Londres, Berlin, New York, les grandes salles se disputent ce jeune quatuor aux interprétations musicales imprégnées de la grande tradition viennoise - il a travaillé avec le prestigieux quatuor Amadeus -, et qui explore tous les répertoires, de Haydn aux contemporains qui lui ont dédié des oeuvres (Boucourechliev, Dusapin, Escaich, Tanguy...).
      Yehudi Menuhin lui-même dira : "Je dois à ces anges musiciens une des plus pures émotions musicales de ma vie".
      L'essor de cette formation, constituée à l'origine avec Christophe Giovaninetti au premier violon, va favoriser une renaissance du quatuor à cordes en France.
      Dans les années 1980, les quelques ensembles existants peinent à percer au plan international et rares sont les salles parisiennes qui programment du quatuor, jugé élitiste. Rien d'étonnant: la musique de chambre est alors la parente pauvre des conservatoires français, qui favorisent l'enseignement individuel.
      C'est sous l'impulsion du compositeur Marc Bleuse, directeur de la musique en 1986, qu'Ysaÿe sortira de l'ombre. "Il a mené une politique de soutien au quatuor à cordes, dont nous avons bénéficié, comme les quatuors Parisii ou Manfred", rappelle Christophe Giovaninetti.

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