Par Jean-Michel
L’oiseau, à lui seul, évoque la musique, le chant. Belle idée que celle de l’Orchestre national d’Île-de-France de lui dédier un programme ! Pour Gustav Mahler, dans Les chants d’un compagnon errant, il est bien sûr l’hôte des forêts dont le compositeur évoque si bien les frémissements et les murmures, mais c’est aussi celui qui, évoluant dans les airs, prend ses distances d’avec le monde terrestre et devient une métaphore de l’élévation spirituelle vers laquelle tend tout artiste.
Dans sa Flûte enchantée, Mozart pare de plumes son naïf oiseleur, le très terrestre Papageno. Ainsi, dans le secret des oiseaux, il détient les clés du bonheur simple, trésor que l’humanité se doit de préserver sur terre.
Avec L’oiseau de feu, il n’est plus un simple volatile chez Igor Stravinski qui en évoque la magnificence, l’exubérance et la magie. À cette fin, il imagine un orchestre superlatif, doté d’innombrables percussions – xylophone, célesta, tam-tam, triangle, tambour de basque… – mais aussi d’un piano et de trois harpes ! Rien n’est trop riche pour évoquer cet oiseau de légende qu’un héros, aveuglé par sa splendeur, suit en quête d’immortalité.
Fruit de la première grande commande de Diaghilev pour ses Ballets Russes, l’œuvre fera accéder le compositeur à la célébrité dès sa création en 1910. Suivront Petrouchka puis Le Sacre du printemps.
Avec ce programme concocté par l’Orchestre national d’Île-de-France, voici une occasion rêvée d’écouter, durant toute une soirée, se déployer toutes les facettes de la grande phalange symphonique prenant son vol.
Tarifs de 18 € à 25 €.
Renseignements au 01 60 34 53 60.
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