Par Jean-Michel

Le chef d'orchestre Pierre Boulez a fait jeudi soir, à 84 ans, ses débuts au Festival de Saint-Denis, où il a dirigé un programme XXe siècle (Stravinsky-Janacek) à dominante sacrée, sans esbroufe mais non sans charisme.
La grandiose basilique-nécropole des rois de France est un lieu assez inattendu pour le plus célèbre des chefs français vivants: ses préoccupations artistiques et philosophiques ne l'ont en effet jamais classé parmi les spécialistes de musique religieuse.
La "Messe glagolitique" (1926) de Leos Janacek (1854-1928), oeuvre d'un compositeur n'aimant guère les églises, n'est cependant pas une totale nouveauté pour Pierre Boulez.
Le maître l'a dirigée en août 2008 à Londres à la tête du BBC Symphony et dès octobre 2003 au Théâtre Mogador, au pupitre de l'Orchestre de Paris, qu'il retrouve à Saint-Denis dans un cadre plus propice à cette fresque en vieux slave (langue écrite dans un alphabet glagolitique) avec orgue.
De son geste épuré, d'une lisibilité parfaite, Pierre Boulez ôte à la "Messe glagolitique" son vernis de religiosité et son odeur de vieil encens pour ne garder que la force spirituelle, humaine par sa dimension populaire et musicale de l'oeuvre.
Sa précision analytique fait merveille dans la "Symphonie d'instruments à vent" (1920) de Stravinsky, "cérémonie austère" (dixit le compositeur) où les bois et les cuivres, qui sont la fierté de la formation parisienne, trouvent un écho idéal dans l'acoustique réverbérée de la basilique-cathédrale.
Le programme du Festival de Saint-Denis, qui fête ses 40 ans jusqu'au 7 juillet sur :
http://www.festival-saint-denis.com/home.php
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